Le dépistage en bord de route va s’intensifier en 2010

22 février 2010Carl (Admin) Commentaires fermés

Personne ne sera vraiment surpris de l’apprendre, mais les tests salivaires vont prendre du galon en 2010. C’est l’une des mesures phares du Gouvernement en matière de sécurité routière.

Dans son communiqué de presse du 18 février 2010, le Comité Interministériel de la Sécurité Routière annonce en effet certaines évolutions relatives au dépistage des conducteurs sous l’empire de stupéfiants, et notamment par l’accroissement du nombre de tests salivaires pratiqués en bord de routes.

Voyons d’abord les chiffres : selon l’OFTD (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies), le cannabis à lui seul cause la mort de plus de 230 personnes par an. Cette statistique est très préoccupante, certes, mais elle n’est pas nouvelle et commence d’ailleurs à sérieusement sentir le réchauffé, puisqu’elle date de la campagne gouvernementale « Cannabis et Conduite » qui avait été lancée en mai 2006 ! Depuis, aucun chiffre neuf, aucune nouvelle statistique.  De plus, aucun chiffre n’a jamais été communiqué sur le nombre d’accidents graves provoqués par la cocaïne, l’héroïne, ou encore les ecstasys, et surtout, pas la moindre information sur les ravages que provoquent assurément sur la route les conducteurs assommés aux benzodiazépines (médicaments chers aux français, comme les anxiolytiques, hypnotiques etc.).

On apprend, par contre, que pas moins de 63 500 contrôles de stupéfiants on été réalisés en 2009, dont 34,6% ont révélé un résultat positif. Il n’est cependant pas précisé clairement s’il s’agit uniquement de tests salivaires ou si ce chiffre inclut aussi les dépistages en laboratoire.

Les nouvelles mesures pour 2010 :

1) Le nombre de contrôles de stupéfiants passera à 100 000, et notamment par l’augmentation de l’usage des tests salivaires.

2) Le dépistage des drogues devient obligatoire dans tous les cas d’accidents corporels, alors qu’il n’était jusqu’à présent que facultatif. Pour les accidents mortels, il reste bien évidement obligatoire.

3) En cas d’accidents matériels ou lorsque l’on présume qu’un conducteur a consommé des stupéfiants, le dépistage est possible, mais reste facultatif. Ce sera à l’appréciation du gendarme.

4) Le dépistage devient possible en cas de « toute infraction au Code de la Route ».

5) Désormais, à l’instar des tests d’alcoolémie, des contrôles aléatoires pourront être réalisés sur réquisition du Procureur de la République. Il y a donc fort à parier que lors d’opérations de Police ou de Gendarmerie en bord de routes, les éthylotests et les tests salivaires deviendront tous deux systématiques.

6) Le contrevenant devra payer de sa poche les analyses de sang réalisées en laboratoire. Celles-ci sont obligatoirement pratiquées lorsque qu’un test salivaire est positif à une quelconque drogue. Jusqu’à présent, ces examens étaient à la charge du contribuable. Désormais, c’est le fautif qui paye, et la note s’élève quand même à 300 € par test. Bien entendu, quand le laboratoire rend un résultat négatif, aucune somme n’est demandée à l’automobiliste, et l’examen reste à la charge du Ministère de la Justice.

7) Concernant l’alcool, on notera que les débits de boisson seront incités à proposer à leurs clients des moyens pour contrôler leur alcoolémie.

C’est donc un réel durcissement de la répression à l’encontre des conducteurs imprudents qui roulent après avoir consommé des stupéfiants.

On regrettera quand même avec force que le mot « prévention » n’apparaisse à aucun moment dans ce communiqué de presse.

Alors ? Un simple oubli ou un réel manque d’ambition pédagogique ?

A chacun de se faire son idée.

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