Dépistage du cannabis : un test urinaire d’un nouveau genre

19 mai 2010Carl (Admin) 8 réactions »

Voilà bien longtemps qu’aucune nouveauté notable n’était venue pimenter le petit monde du dépistage urinaire. C’était sans compter une société française spécialisée en la matière. En effet, lancé depuis le début de l’année le test « THC PréDosage » de NarcoCheck pourrait bien changer les méthodes de dépistage et de suivi des consommateurs de cannabis, mais il pourrait aussi ne pas cesser d’alimenter la polémique…

Vous trouverez notamment dans ce billet :

  • Une description de ce nouveau test
  • Une interview de Frédéric RODZYNEK, le Gérant de NarcoCheck (voir plus bas)

Alors ce test « THC PréDosage », qu’est-ce qu’il a de nouveau ?

Tout d’abord, rappelons qu’une bandelette urinaire classique de dépistage du cannabis délivre un résultat qualitatif de type OUI/NON (positif ou négatif).

Exemple : Oui ou non, Mr. Dupont consomme-t-il du cannabis ?

Narcocheck THC PréDosageCe qui est nouveau, c’est que le test THC PréDosage donne un résultat de type semi-quantitatif, qui se présente sous la forme de 3 paliers de détection distincts :

  • Palier n°1 : 25 ng/ml (faible quantité de THC dans les urines)
  • Palier n°2 : 50 ng/ml (quantité moyenne)
  • Palier n°3 : 150 ng/ml (forte quantité)

Exemple : Mr. Dupont consomme-t-il du cannabis, et si oui, en trouve-t-on dans ses urines en faible, moyenne, ou forte quantité ?

En résumé : 3 seuils de détection dans le même test. L’idée est simple, mais il fallait y penser.

Cette évolution ouvrirait ainsi le champ de compétences du dépistage urinaire, car ce test permettrait notamment de faire un suivi dans le temps de la consommation de Mr. Dupont. C’est en tous cas l’argument principal de NarcoCheck, qui explique que cet outil sera particulièrement utile pour « les professionnels de santé, qui ont besoin de s’assurer rapidement et à moindre coût du bon déroulement d’une désintoxication ». On vérifie donc que le niveau de THC dans les urines baisse comme prévu, et qu’il ne remonte pas subitement (en cas de re-fumage).

Malheureusement, je n’ai vraiment pas le temps de faire une évaluation digne de ce nom sur ce test. Je ne publierai donc pas de prochain billet en ce sens. Néanmoins, j’ai eu l’occasion d’en tester 4 échantillons. Je les ai soumis à des réactifs de contrôle-qualité (positifs et négatifs), et ils ont tous fonctionné normalement. Cela dit, 4 tests, c’est vraiment trop peu pour se faire une idée. Donc, je ne me mouille pas, mais la qualité semble être au rendez-vous.

Oui mais voilà…

Ce test a littéralement déchainé les passions depuis plusieurs semaines. Il n’y a qu’à taper « narcocheck » dans votre moteur de recherche préféré pour vous en rendre compte.

Pourquoi un tel buzz ?

Tout simplement parce que ce test n’est pas seulement destiné aux professionnels, mais également aux particuliers, et en premier lieu aux parents qui voudraient faire un dépistage « maison » de leurs ados, dont 42% avouent avoir déjà touché au cannabis, selon les derniers chiffres de l’Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (OFTD).

Commercialisé par TestDrogue.fr, le principal site marchand de tests anti-drogue sur internet, NarcoCheck diffuse donc ce nouveau test aux « parents qui veulent savoir où en sont leurs ados, ou qui les aident et les accompagnent lors d’un sevrage », ainsi qu’aux « consommateurs, qui peuvent enfin comprendre à quel point le cannabis peut imprégner durablement leur métabolisme ». Vaste programme !

Disponible sur cette page: Test cannabis avec pré-dosage NarcoCheck.

Pour information, leur test cannabis classique correspond au palier n°2 du test avec pré-dosage (50 ng/ml).

Du coup, les médias bouillonnent et les critiques fusent dans la Presse ! Accusé de causer plus de problèmes qu’il ne pourrait en résoudre, le dépistage des drogues « en famille » se voit décrié par certains médecins ou psychologues. En résumé, il est jugé beaucoup trop intrusif dans l’intimité de l’ado, à une étape de la vie où l’on cherche justement à affirmer son indépendance et voler de ses propres ailes. « Violent », « humiliant », « contre-productif », voilà quelques uns des qualificatifs sans appel utilisés par ses détracteurs.

Pour sa part, le gérant de NarcoCheck , Frédéric RODZYNEK, lui non plus, ne s’est pas montré avare de déclarations publiques. Alors, je me suis dis : et pourquoi pas sur mon blog ? Après l’avoir contacté, il a accepté de répondre à mes questions. Nous sommes restés plus d’une heure au téléphone, et je vais donc tacher de résumer un maximum.


L’interview :

Dépistage-drogue.com (DD) : Bonjour Mr. RODZYNEK. Je vous remercie de bien vouloir répondre à un aussi petit vecteur d’information comme mon blog. Alors que vos clients sont généralement des professionnels et des laboratoires, pourquoi avoir mis vos tests à disposition des particuliers ?

F.R. : Parce que les particuliers nous en faisaient directement la demande, mais avant tout, par conviction. Connaissant très bien le problème de la drogue, je suis convaincu que  les parents sont les premières sentinelles pour la combattre. Comme nous le disons sans cesse sur notre site, tout passe d’abord par le dialogue. Il n’est donc pas question de piéger son enfant, mais il n’est pas question non plus de se faire balader par des mensonges inhérents au fait de se droguer. Chacun sait que les gamins qui touchent aux drogues savent se montrer très inventifs pour le dissimuler à leurs parents.

Dans la plupart des familles, la règle c’est : pas de drogue. Pour qu’elle soit comprise, il faut en parler avec franchise, l’expliquer avec patience et pédagogie à ses enfants. Cela dit, il faut que les parents aient les moyens, s’ils l’estiment nécessaire, de contrôler que cette règle est respectée. Retirez les radars du bord des routes et vous verrez que les limitations de vitesse seront à nouveau transgressées à outrance. C’est le même principe.

DD : En lançant des tests de drogues à faire dans le cadre familiale, vous attendiez- vous à une telle polémique dans la Presse, et  comment expliquez vous ces réactions ?

F.R. : La polémique est souvent le prix à payer en matière d’information. Dès les premières émissions de télévision, le ton était donné. Ce n’était pas notre but, mais il faut accepter la règle du jeu. Cela peut permettre aussi de diffuser une information qui serait restée confidentielle autrement. Certes, nous attendions des réactions  des rubriques « Sciences & Technologies » et « Santé », plus que des  rubriques « Société » et « polémique du jour ». Nous avons été surpris par le tour que prenaient les premiers reportages, qui ont voulu profiter de l’effet d’annonce pour faire de l’audience, occultant ainsi l’essentiel de notre message : présenter un nouvel outil qui permet d’améliorer la prévention et de détecter au plus tôt les comportements à risques. Au lieu de cela nous nous sommes retrouvés opposés aux médecins sur le thème de la relation parents-enfants. Mais il ne faut pourtant pas généraliser, car dès le début, de nombreux journalistes ont réellement cherché à faire avancer le débat, comme à France Télévision, RMC, Le Parisien, Madame Figaro, Le Monde etc.

DD : Il n’en reste pas moins que vous avez beaucoup de détracteurs parmi les professionnels de santé. Beaucoup sont réellement opposés au dépistage familial. Que leur répondez-vous ?

F.R. : Que c’est leur droit le plus absolu et que nous sommes toujours près à en discuter. Passée la première réaction à chaud, et après avoir consulté notre site Internet ou nous avoir contacté directement, beaucoup ont compris que nos motivations sont de remettre les parents au cœur du dispositif de prévention contre la drogue, et de leur permettre de détecter au plus vite pour se faire aider au plus tôt le cas échéant.

Mais ce ne sont pas les professionnels de santé, les associations et tous ceux qui luttent chaque jour contre les ravages de la drogue, qui m’inquiètent. Ceux qui m’inquiètent, ce sont les professionnels de la polémique et de la défense du droit qu’aurait un gamin à s’autodétruire en toute liberté, et si possible, en toute légalité. Ils sont intellectuels, politiques, lobbyistes, relais d’opinion etc., et font souvent partie de « l’élite » (où la drogue circule comme partout ailleurs). Ces gens sont dangereux parce qu’ils œuvrent à une banalisation des drogues en général et pas seulement du cannabis. Leur solution est simple : légalisons le problème et il n’y aura plus de problème. Comme si la légalisation de l’alcool avait réglé le problème de l’alcoolisme… Après de tels discours, allez expliquer aux enfants que la drogue tue ! Ces pseudo-défenseurs de la morale ont ainsi fustigé sur tous les médias le principe du dépistage par les parents, au nom de la liberté individuelle des jeunes. Mais quelle liberté défendent-ils ? Celle de pouvoir se camer à 15 ans ? C’est ahurissant, mais c’est pourtant leur combat ! Cette attitude est pour le moins irresponsable, et relève à mon sens de la non assistance à personne en danger.

DD : Pensez-vous que tous les parents devraient faire un dépistage de leurs enfants ?

F.R. : Bien sûr que non. Nos tests sont destinés aux parents, qui considèrent que dans leur famille et dans leur cas particulier, c’est préférable, voire nécessaire. Si certains parents pensent que leurs enfants n’auront pas en eux les ressources pour pouvoir dire « non », qu’ils auront des difficultés à résister à la pression du groupe et que la seule prévention par le dialogue pourrait ne pas suffire, alors ils  doivent pouvoir s’assurer facilement et à moindre coût que leurs ados ne prendront pas de risques inconsidérés pour leur vie. Dans d’autres familles, la prévention classique fonctionnera pleinement, et la question ne se posera même pas. Personne n’a tord ou raison dans sa façon de gérer le problème de la drogue, mais chacun doit pouvoir le faire à sa façon.

DD : Comment préconisez-vous d’utiliser les tests en famille ?

F.R. : Tout d’abord, il faut que les parents aient bien conscience que ces tests ne peuvent se faire que dans le cadre d’une prévention globale basée sur le dialogue, l’information et l’écoute de leurs ados. Car il faut que ce soit clair : le test n’est pas une solution miracle, mais un simple outil de prévention. Il ne fera pas le travail indispensable de prévention à leur place.

Ensuite, il ne faut jamais faire un premier test par surprise. Il doit être annoncé à l’avance et expliqué, de façon à obtenir un consentement. Dès lors, la drogue cesse d’être une abstraction, car l’ado réalise qu’elle reste dans le corps, qu’elle se détecte et qu’elle se mesure. Le but, c’est faire prendre conscience que ce n’est pas aussi anodin qu’on veut bien le croire quand on a 15 ans.

DD : Vous dites aussi vendre vos tests aux consommateurs de stupéfiants. Cela paraît incongru. Les gens qui consomment des stupéfiants n’ont pas besoin d’un test pour le savoir, non ?

F.R. : C’est certain. Par contre, ce qu’ils ne savent pas, c’est s’ils sont dépistables. Par exemple, beaucoup de fumeurs de cannabis, qui s’auto-qualifient « d’occasionnels », s’inquiètent de plus en plus de savoir si le petit joint du soir ou les quelques petits joints mensuels sont détectables dans leurs urines. Ils sont chauffeurs routiers, grutiers, pilotes de ligne, machinistes, ou tout simplement automobilistes en attente de récupérer leur permis, suite à une condamnation pour conduite sous l’empire de stupéfiants. Ils pratiquent donc un auto-dépistage afin de savoir s’ils pourraient perdre leur emploi en cas de dépistage en entreprise.

DD : Avez-vous « dans les cartons » des nouveautés que vous comptez mettre prochainement sur le marché ?

F.R. : Oui. Mais je n’en dirai pas plus, car nous n’avons pas encore achevé les phases de test pour les projets à venir.

DD : Merci d’avoir répondu à mes questions.

Pour plus d’information, le site du fabricant : narcocheck.com

Pensez aussi à vous rafraichir la mémoire en relisant notre précédent billet sur la durée de dépistage des drogues dans les urines.

Carl.

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8 réactions sur ce sujet

  • De Platoch :

    Tous mes potes fumes et j’ai acheté ce test il y 2 semaines pour voir si j’étais positif en passif. Résultat full négatif meme au premier palier. j’ai été rassuré surtout au niveau des controles routiers.

    Pour les parents, je me pronnonce pas. ceratins copains ont commencé à 12 ans et continuent encore à 25. Ils roulent plusieurs joint par jour, c’est pas genial pour la santé mais ils n’ont pas viré junkies non plus. Et moi je m’en passe tres bien. chacun sa vie.

  • De Janie :

    EXCELLENTE INITIATIVE !
    Je travaille en CHU et je vois des ados nous arriver dans des états PAS POSSIBLES ! Personne ne parle des accidents de voitures et de scooters causés par des jeunes conducteurs défoncés au cannabis et a la coke. L’alcool j’en parle meme pas ! LES PARENTS DOIVENT PRENDRE LEURS RESPONSABILITES !

  • De Prince of weedia :

    c’est deguelasse de le donné au parents on a le droit de vivre note vie et de testé se kon veut. pour moi c’est rien de plus ke du flicage. point bare.

  • De MARIE :

    Je suis une maman d’une ado de 16 ans, ma fille a la tête sur les épaules et a toute ma confiance jusqu’au jour où j’ai trouvé un joint dans le tiroir de son bureau, très inquiète je lui demande des explications, elle me dit que c’est pas important, qu’elle fume de temps en temps comme ça en soirée…puis un jour en lisant mon madame Figaro, je tombe sur un article très intéressant : un test de dépistage de cannabis à faire à la maison un test qui donne une idée précise sur la consommation : faible ou importante. Je me procure ce test narcochek sur le site internet et je décide de le proposer à ma fille, elle a été surprise au début mais elle a accepté de se préter au jeu pour me prouver que je pouvais lui faire confiance et que sa consommation était vraiment occasionnelle. Quel soulagement, elle n’était positive qu’au palier 1.Si cela reste que de temps en temps je ne peux pas lui interdire, par contre je contrôlerai souvent pour ne pas que sa consommation devienne trop importante.

  • De Josselin :

    Et dire qu’il aura fallu attendre 2010 pour que les parents aient enfin accès à ces tests ! Moi je vous le dis , ça sauvera des vies, et tant mieux si ça empèche les jeunes de s’exploser les neuronnes par paquets de 1000.
    Josselin

  • De Dark Jack :

    Arf… Bienvenue en Sarkosie le pays du tout repressif! Non mais serieux ya meme plus moyen de se griller quelques splifs sans se faire tomber dessus.

    Quel monde pourrave, je vous jure…

  • De Janie :

    DARKJACK c’est ton cerveau que t’es en train de griller ! Vas faire un tours dans un service de désintox et TU VERRAS CE QUE C’EST UN VRAI « MONDE POURRAVE » !!!! Tu y verras plein de patients qui pensaient qu’ils pouvaient fumer « quelques splifs » sans problème. Au final ils sont completment partis en sucette !! Si leurs parents avaient pu les tester des le début ,certain n’en seraient pas arrivés la et d’autres n’auraient pas attéris aux urgences et JE SAIS DE QUOI JE PARLE !!!

  • De guillaume :

    Je crois que le cannabis est l’arbre qui cache la foret, on n’immagine pas les saloperies qui se qui se balade dans les Lycees ,et les parents serons les derniers a le savoir. Alors pour moi c’est oui aux tests et pas seulement de cannabis


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